L'e-commerce vers l'étranger : 2 - la réalité

Publié le par if

La caractéristique première du web (c'est dans son nom) est d'être mondial. Du point de vue du commerce en ligne, cela devrait signifier que l'on passe d'une zone de chalandise (périmètre géographique d'où peuvent provenir nos clients) de quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres à la planète entière ! Qu'en est-il en réalité ?

Un nouveau rapport sur les obstacles au commerce électronique ("Barriers to E-commerce"), présenté il y a quelques jours par la commissaire européenne responsable de la protection des consommateurs, Mme Meglena Kuneva, indique que les achats en ligne connaissent un succès de plus en plus grand dans l'UE, mais signale aussi que les obstacles aux transactions transfrontalières gênent leur développement.

Le résultat est que, si 33 % des internautes européens achètent en ligne, les achats transfrontalliers stagnent à 7 % ! Autrement dit : sur les 150 millions d'acheteurs européens, seuls 30 millions achètent hors de leur pays.
Et pourtant, un tiers des citoyens de l'Union envisagerait d'acheter un produit ou un service par Internet dans un autre État membre s'il est moins cher ou meilleur.

Du point de vue de l'e-commerçant, à côté de son potentiel de 11 millions de clients français, il reste donc environ 40 millions de clients potentiels dans les autres pays industrialisés...Ce n'est tout de même pas à négliger !

Les principaux obstacles relevés sont :
* Dans la mentalité des commerçants en ligne, dont beaucoup continuent à agir comme si leur marché n'était que national : en pratique des consommateurs se voient refuser des ventes ou sont redirigés vers leur pays d'origine.
* Dans la langue, même si un tiers des citoyens de l'Union se déclarent prêts à acheter un produit ou un service par Internet dans une autre langue que la leur, et que 60% des commerçants sont déjà prêts à effectuer des transactions dans plus d'une langue.
* Dans la logistique (interopérabilité des systèmes postaux et de paiement, problèmes d'accès au haut débit).
* Dans les réglementations (le droit de la consommation, la législation sur la TVA, la législation sur la distribution sélective, la protection de la propriété intellectuelle).
* Dans la crainte que des problèmes qui peuvent se poser au niveau des paiements, de livraisons, de plaintes, des garanties,  ou des demandes de remboursementles ne soient aggravées en cas de transactions transfrontalières.

Le rapport final de la Commission concernant ce secteur devrait être prêt à l'automne 2009. mais faut-il attendre jusque là ?




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